Le Valaisan qui a changé de vie pour les enfants d’Inde

 dans News France

Cadre dans une banque, Martial Salamolard a tout quitté pour créer une association en Inde. Seize ans après, des milliers d’enfants sont scolarisés grâce à Ecoles de la Terre.

Raidighi, Purba Jatta, Camijuli, Bodhgaya, Pachhati, Sujata, Jaisalmer… Il y a de la poésie dans les noms des localités que nous visitons, une à une, au côté de Martial Salamolard. Beaucoup de misère aussi, dans des régions rurales ignorées du développement économique de l’Inde. Et comme partout où sévit l’extrême pauvreté, ce sont d’abord les enfants qui trinquent. C’est pour eux que le Valaisan a tout quitté. «Parce que le droit à l’éducation, c’est le droit à la vie.» Sur cette conviction, il fonde alors l’association Ecoles de la Terre, en été 1998.

valaison christian lutz vu

photo ch Lutz Vu

860 langues
Sujata, 9 heures du matin. Attentif, Martial Salamolard esquive d’un pas en arrière la marque de considération ultime que tente de lui porter un enfant: le toucher des pieds, la partie la plus impure du corps selon la tradition. Un honneur et un signe d’immense respect pour ne pas dire d’asservissement. «Je ne m’y habituerai jamais», lâche le Valaisan, gêné, avant de s’adresser aux élèves. En anglais. «L’enseignement de l’anglais est l’une de nos priorités. Dans un pays qui parle 860 langues, c’est le seul moyen d’optimiser nos programmes.»
Entre deux écoles, les haltes auprès des mères cheffes d’entreprise se multiplient. Ici, une femme fabrique des filets de pêche, là, une autre a ouvert un petit commerce de poissons, une troisième confectionne des saris, le vêtement féminin traditionnel. Grâce au microcrédit, dont les intérêts sont réinjectés dans le compte d’exploitation de l’association, les mères de famille, souvent délaissées par leur mari, s’assurent un petit revenu qui leur permettra d’assurer l’éducation des enfants. «Nous sommes une goutte d’eau dans un océan de détresse. Mais chaque enfant de la Terre mérite d’avoir sa chance. L’enfant, c’est le matin du monde.» Le combattant de la misère, c’est certain, ne lâchera rien…

Christian Rappaz

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