Sortir de la paralysie politique

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S’il est certes toujours tentant de considérer qu’une élection générale est décisive, c’est spécialement vrai de celle-ci – beaucoup plus que la précédente de 2009, qui intervenait alors que l’Inde semblait sur les rails d’un développement rapide, appuyé sur une croissance de 9 % et plus.

Les cinq années du deuxième gouvernement de Manmohan Singh (qui aura été Premier ministre dix ans de suite) auront été marquées par un atterrissage brutal. Sur le plan économique : la croissance s’est effondrée. Durant l’année fiscale 2012-2013 à la fin mars, elle s’est établie à 4,5 %. Pour l’exercice qui vient de s’achever, le chiffre devrait demeurer sous les 5 %. Et la reprise anticipée n’interviendra que lentement.

Pour les Indiens, la priorité numéro un est de remettre en route l’administration, toute-puissante, omniprésente. « Les électeurs veulent un gouvernement qui fonctionne », résume Philip Oldenburg, professeur de sciences politiques à la Columbia University. Dans ces conditions, on comprend la popularité de Narendra Modi, le leader de l’opposition, qui s’est méthodiquement bâti une image de leader fort, autoritaire, capable de faire marcher les administrations à la baguette et accordant la priorité au développement du pays.

Lui ou un autre, le prochain Premier ministre devra trouver le moyen de débloquer des investissements massifs dans les infrastructures physiques (énergie, transports…) et sociales (éducation, santé) de l’Inde. Avec un impératif en toile de fond : pour absorber le flot des jeunes arrivant à l’âge adulte, le pays va devoir créer pendant dix ans 1 million de nouveaux emplois… chaque mois.

Patrick de Jacquelot, Les Echos

http://www.lesechos.fr/journal20140407/lec1_monde/0203419398379-sortir-de-la-paralysie-politique-662583.php

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