Le « coup » diplomatique de Narendra Modi

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Narendra Modi continue d’écrire l’Histoire. Après avoir donné à son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou) une majorité absolue à la chambre basse du Parlement – du jamais vu depuis 1984 -, le voici qui profite de sa cérémonie d’investiture pour convoquer un véritable Sommet régional. Une rencontre multilatérale qui cache en fait une tentative de reprise du dialogue avec le Pakistan.

coup diplomatique

 

Ce coup de billard à trois bandes pourrait s’avérer être un coup de maître. Un, l’investiture de Modi revêtira un aspect grandiose hors du commun, avec près de 4 000 invités, dont de nombreux chefs d’état et de gouvernement. Deux, en y conviant les dirigeants des pays de la SAARC (South Asian Association for Regional Cooperation), le nouveau Premier ministre montre son désir de redonner à l’Inde son rôle de leader régional. Last but not least, cela pourrait être l’occasion de remettre sur les rails le dialogue avec Islamabad, au point mort depuis les attentats du 26 novembre 2008 à Bombay.

La décision donne en tout cas une idée de ce que pourrait être la politique étrangère du Premier ministre Modi : orientée d’abord vers ses voisins d’Asie, elle devrait se faire avant tout dans les bureaux du chef du gouvernement.

C’est bien sûr du Pakistan que la réponse s’est fait le plus attendre. Viendra ? Viendra pas ? Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a dû négocier d’arrache-pied avec l’establishment militaire pour emporter la « permission » de se rendre en Inde. Elle lui a été officiellement accordée samedi 24 mai dans la matinée, deux jours avant la cérémonie. Le 27 mai, Sharif aura un entretien bilatéral avec Modi (qui recevra d’ailleurs en tête-à-tête chaque dirigeant de la SAARC).

Il ne faut certes pas s’attendre à une percée majeure dans la reprise du processus de paix indo-pakistanais dès le 27 mai. Le chef du gouvernement d’Islamabad devrait néanmoins inviter Modi à se rendre au Pakistan. Et peut-être peut-on espérer au moins une ouverture au plan économique entre les deux frères ennemis. Selon le quotidien The Hindu, les deux hommes devraient évoquer la mise en place de« canaux diplomatiques secrets » ayant pour mission de désamorcer les crises les plus graves entre les deux puissances nucléaires.

Quel que soit le résultat de la visite de Sharif, Modi a déjà réussi un joli coup en plaçant la balle dans le camp du Pakistan. Une tactique qu’avait employée avant lui l’ex-Premier ministre BJP Atal Behari Vajpayee, en 2003. Les relations indo-pakistanaises étaient alors retournées à l’ère glaciaire après l’attentat suicide perpétré par cinq kamikazes contre le Parlement indien le 13 décembre 2001 (14 morts). Le commando appartenait au Lashkar-e-Taiba (LeT), un groupe djihadiste anti-indien basé au Pakistan.

http://indesmagazine.wordpress.com/2014/05/25/le-coup-diplomatique-de-narendra-modi/

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