Le decollage des SSI indiennes

 dans News France, News Inde

Arrivées il y a une dizaine d’années en France, les Wipro, TCS et autre Infosys étaient jusque-là restées discrètes. Mais les ingrédients sont réunis pour permettre leur décollage.

Dans l’informatique, le petit village gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Une décennie après le grand débarquement indien, les fleurons français des services informatiques comme Atos, GFI ou Sopra n’ont pas été détrônés par Wipro, Infosys et autre Tata Consultancy Services (TCS). Après l’exception culturelle, l’exception informatique ? Au regard des caractéristiques bien particulières du marché français, cela y ressemble. Qu’ils œuvrent dans la banque, les télécoms ou l’aéronautique, qu’ils soient petits ou grands, les donneurs d’ordre ont longtemps été réfractaires à l’idée d’avoir des prestataires non francophones. Surtout, ils aiment les projets conçus sur mesure, qui s’adaptent parfaitement à leurs desiderata, quand les SSII indiennes ont tendance à industrialiser les processus.

1021109_la-longue-marche-des-ssii-indiennes-web-tete-0203613732183……

Mondialisation oblige, les particularismes locaux ont tendance à s’estomper et, progressivement, les Indiens gagnent du terrain. Les premiers signaux de cette percée datent de 2008, quand Wipro est retenu sur un contrat d’externalisation de maintenance de SFR aux côtés de Sopra et d’Accenture. Si entre-temps les Indiens ont peu fait parler d’eux, les conditions sont désormais réunies pour assister à une plus forte poussée.

L’offshore gagne du terrain

Première raison au décollage indien : la ­percée de l’offshore en France. Pris dans la mondialisation, les grands donneurs d’ordre tentent par tous les moyens de baisser les coûts. A commencer par la facture informatique, qui peut atteindre pour les banques, par exemple, le milliard d’euros par an. L’Inde offre à la fois des bataillons d’ingénieurs indisponibles en France et des tarifs compétitifs. « Une même prestation coûte entre 20 et 30 % moins cher en Inde qu’en France. Il y a donc de plus en plus de projets qui partent, même si l’on n’envoie pas tout offshore », lance Arnold Aumasson.

Très tôt, Capgemini a pris le virage indien et dispose désormais d’une force de frappe de plus de 50.000 ingénieurs en Inde. Des SSII plus modestes cherchent des alternatives. En février dernier, Feel Europe a conclu un accord avec l’indien Tech Mahindra, qui emploie 48.000 salariés dans le monde, mais seulement quelques centaines en France, principalement des Indiens.

Et les SSII indiennes, qui génèrent des marges d’exploitation de 15 à 20 % quand Capgemini, l’une des mieux placées de l’industrie, peine à moins de 9 %
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0203608944669-la-longue-marche-des-ssii-indiennes-1021109.php?pDE0Bjc12WEGk78c.99

Sandrine Cassini / Journaliste

Écrire un commentaire