L’Inde inonde le monde de sa viande rouge

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Paradoxe : le pays des vaches sacrées est devenu, en 2013, le deuxième exportateur mondial de viande bovine, derrière le Brésil.

« Le pays des vaches sacrées devient un acteur majeur du marché international de la viande bovine. » Un paradoxe souligné par Marie Carlier, de l’Institut de l’élevage (Idel), lors d’une conférence sur les marchés mondiaux, à Paris, la semaine dernière.

viande rouge

L’Inde, dont 40 % de l’immense population (1,3 milliard d’habitants) est végétarienne et dont la religion dominante – l’hindouisme – interdit l’abattage des femelles laitières (bufflonnes et zébus), est devenue, en 2013, le deuxième exportateur de viande rouge, sur les talons du leader brésilien.

Des prix défiant toute concurrence

Le moteur de cette croissance, c’est la production laitière. Elle se développe à vitesse grand V pour étancher la soif de lait des consommateurs indiens. Elle est assurée par un cheptel laitier, en pleine croissance, de femelles zébus et de bufflonnes qui mourront de vieillesse sans connaître le couperet de l’abattoir ni le couteau du boucher. Oui, mais il y a aussi les mâles, buffles et zébus, dont le nombre s’est également démultiplié. Qu’en faire dans un pays où la consommation moyenne annuelle de viande rouge par habitant est de 1,7 kg ?

Le gouvernement a vu l’opportunité de bâtir une filière pour l’exportation. « En 2010, il lance un programme de sauvetage et d’élevage des veaux de buffles doublé d’un plan de construction d’abattoirs », indique Marie Carlier. Conséquence : sur un cheptel bovin de 347 millions de têtes, 38 millions prennent chaque année le chemin des abattoirs. Un « prélèvement » nettement inférieur à celui pratiqué chez les grands pays producteurs de viande bovine (États-Unis, Union européenne, Amérique du Sud). Mais, au vu de sa destination pleine et entière pour l’export, amplement suffisante pour inonder le marché mondial.

« La viande de jeune bufflon appelée carabeef est très demandée par les pays émergents en raison de son prix (2,40 €/kg) défiant toute concurrence. Elle s’exporte sous forme de découpes désossées congelées », explique Marie Carlier. Les animaux sont abattus selon le rite halal, car les propriétaires des abattoirs en Inde sont musulmans. Cette caractéristique leur ouvre les portes du Moyen-Orient (Égypte, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Iran, Irak…). L’Inde renforce aussi ses positions en Afrique (Gabon, Congo…). Le premier acheteur de carabeef indien, c’est le Vietnam (650 000 tonnes en 2013), « porte d’entrée pour des importations grises (non déclarées) en Chine ».

Xavier BONNARDEL

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http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/linde-inonde-monde-sa-viande-rouge-31-05-2014-147730

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