Modi, hindou pur et dur

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Célia MERCIER Envoyée spéciale à Ahmedabad 28 mai 2014 à 18:06

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En Inde, le leader de la droite nationaliste hindoue vient de prendre la tête du pays. Appliquera-t-il les mêmes méthodes que dans son fief ? Visite dans le Gujarat où son autoritarisme et sa parano ne l’ont pas empêché d’être réélu pendant plus de dix ans.

C’est une frontière, invisible pour l’étranger, mais que chacun connaît ici à Ahmedabad, la plus grande ville du Gujarat. D’un côté, un quartier hindou, de l’autre, l’entrée de Juhapura, le ghetto musulman. Entre les deux, la zone tampon : une résidence pour les policiers et leur famille, qui fait figure de rempart, «afin de rassurer les hindous», explique un journaliste local.

Carte blanche aux émeutiers

En février 2002, en représailles contre l’incendie d’un train dans un quartier musulman, qui a coûté la vie à 58 hindous, l’extrême droite prépare sa vengeance. Au cours des mois suivants, le sang coule dans tout l’Etat, plus d’un millier de musulmans sont massacrés dans les pires émeutes depuis l’indépendance. Selon des témoignages, le gouvernement local a donné carte blanche aux émeutiers, la police est restée passive. Le ministre en chef s’appelle Narendra Modi. Il a depuis été blanchi par la Cour suprême pour manque de preuves.

Ecoutes illégales

La paranoïa du ministre en chef est toutefois bien réelle. Il a transformé peu à peu le Gujarat en Etat policier : en 2013, le chef de la police révèle que 93 000 portables sont sur écoutes illégales. Modi fait surveiller non seulement ses opposants mais aussi sa propre administration, voire la police.

En 2009, un policier révèle que Modi a fait espionner et écouter, jour et nuit pendant plusieurs mois, une séduisante architecte dont il est très proche. Cette jeune femme fréquente un autre homme, un fonctionnaire, qui finira jeté en prison, accusé de corruption. «Modi veut tout contrôler, il ne supporte pas la critique et il est très méfiant. Il mange seul et quand il doit prendre un repas à l’extérieur, il le fait goûter», raconte encore un observateur. Son autoritarisme n’a d’égal que son sens inné du marketing. «Le Gujarat, modèle de développement»… voici le rêve scintillant que le candidat du BJP a vendu à ses électeurs. Un coup de promo magistral. L’emballage est chatoyant, la réalité, elle, est moins reluisante. Bien sûr, il y au Gujarat ces belles routes goudronnées, cette électricité fournie vingt-quatre heures sur vingt-quatre en ville, et huit heures par jour dans les campagnes. De quoi faire fantasmer le reste du pays.

pour lire l’article complet :

http://www.liberation.fr/monde/2014/05/28/modi-hindou-pur-et-dur_1029130

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