Inondations dramatiques au Cachemire

 dans News Inde

Depuis 60 ans l’Etat du Jammu-et-Cachemire n’avait vu de telles inondations. Les pluies de mousson, incessantes pendant cinq jours, la semaine dernière, ont enfin cessé dimanche,  mais les habitants de cet Etat himalayen du nord de l’Inde ne sont pas au bout de leur peine. Le premier Ministre, Narendra Modi, qui a survolé la zone en hélicoptère, dimanche dernier, a déclaré que  la catastrophe était un « désastre de niveau national ».

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Plus de 2600 villages et petites villes ont été affectés durement. L’armée indienne et les forces aériennes ont déjà évacué plus de 23 500 personnes. Mais le bilan, évalué à plus de 200 morts, menace de s’alourdir dans les jours prochains.

Depuis 48 heures les connections téléphoniques ont été interrompues, laissant les proches des victimes dans l’angoisse. Même le ministre de l’intérieur indien, Anil Goswami, depuis Delhi, ne parvenait toujours pas, ce mardi matin, à prendre des nouvelles de sa famille.

A Srinagar, la capitale, avec la montée des eaux de la rivière Jhelum, la plus grande partie de la ville reste sous les eaux. La  force du courant était telle, hier, qu’elle a contraint la Croix Rouge à abandonner les opérations dans le quartier Kursu Rajbagh. Des centaines de personnes, montées sur les toits, attendaient les hélicoptères, alors que d’autres étaient évacuées par bateau et par camion.  Les routes menant aux trois principaux hôpitaux étaient coupées.

Les districts du sud particulièrement touchés

Plusieurs districts du sud de la capitale, comme  de Pulwama, Anantnag, et Shopian, restent complètement isolés du reste du monde. Ont été particulièrement touchés, les districts de Poonch, au sud-ouest, et de Rajauri, où plus de 70 personnes ont  trouvé la mort.

Dans le district d’Udhampur, au sud,  un glissement de terrain a fait une trentaine de victimes  au moins.

Une aide de 140 millions d’euros a été annoncée par le gouvernement indien pour les secours et pour compenser les victimes. Alors que des bateaux, des tentes, des couvertures, des vivres et de l’eau sont distribués, seize camps de secours ont été érigés dans différentes parties de l’Etat.

Le premier Ministre indien, Narendra Modi,  a proposé de l’aide à son homologue pakistanais – la partie pakistanaise du Cachemire ayant recensé de son côté 170 morts. Nawaz Sharif l’a remercié, proposant son aide en retour, mais il est probable qu’aucun des deux pays « frères ennemis » ne donnera suite à ces propositions. Mi-août, Narendra Modi avait accusé le Pakistan de mener une « guerre par procuration » en armant les insurgés dans cet Etat en proie à des insurrections séparatistes. Le Cachemire, à majorité musulmane, divisé après l’indépendance  entre l’Inde et le Pakistan, a déjà fait l’objet de trois guerres entre les deux pays, et a été à deux doigts d’une quatrième, en 1999.

La catastrophe intervient au début de la saison touristique d’automne (septembre à novembre), qui s’apprêtait à accueillir de nombreux Indiens dans un Cachemire réputé pour sa beauté naturelle.

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