La vie de Guillaume, expatrié et patron en Inde

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Cela fait dix-huit ans que Guillaume Lecacheux vit à l’étranger. Juste après ses études le Normand est parti à Dubaï d’abord pour des vacances chez son frère installé là-bas puis pour faire ses premiers pas dans la vie active. Dix ans plus tard, Guillaume met les voiles pour Delhi. L’entreprise pour laquelle il travaille aux Émirats Arabe Unis, Electra, lui propose d’ouvrir une société en Inde. Guillaume et sa femme Milia, une indienne rencontrée à Dubaï, sautent sur l’occasion.

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Contrairement à de nombreux expatriés qui ont des contrats de trois à quatre ans, Guillaume s’est définitivement installé en Inde. Le Normand a créé une entreprise indienne du même nom et qui propose les mêmes services (création de stands d’exposition) que sa « grande sœur » Electra basée à Dubaï. Sans le soutien de celle-ci, Guillaume ne se serait peut-être pas lancé.

« Aimer le chaos »

« Les règles administratives indiennes sont assez floues. Il y a les règles officielles et celles non officielles et il faut arriver à les suivre toutes si on ne veut pas se retrouver avec des soucis, s’amuse-t-il. C’est capital d’avoir un bon avocat et un bon expert-comptable pour s’installer ici. » Cela n’empêche pas des Français de tenter l’aventure. « Nous sommes un petit groupe à être ici pour créer une entreprise. » Mais Guillaume insiste, pour venir s’installer en Inde, il faut « avoir ça dans le sang, que ce soit une passion. Il ne faut pas être forcé ou venir par intérêt »

Le quotidien n’est pas de tout repos au pays de Gandhi. L’accès à l’eau courante ou à l’électricité est un problème de tous les jours pour les Indiens et les expatriés. « C’est arrivé que l’on n’ait pas l’eau courante pendant trois-quatre jours. Les premières années, on avait des coupures de courant presque tous les jours. Parfois, on n’a pas d’électricité pendant deux jours. » Des problèmes auxquels on est rarement confrontés dans les pays occidentaux. « Il faut aimer le chaos. Les gens qui sont trop structurés, pas assez flexible ne restent pas longtemps. Il faut s’adapter tout le temps », affirme Guillaume.

mime marceau
et pictionary

En octobre, cela fera huit ans que le Normand s’est installé dans la capitale avec sa femme Milia. « On a préféré s’installer à Delhi plutôt qu’à Bombay. La mentalité des gens est différente là-bas. Ici, ils sont plus ouverts à l’international et le cadre de vie est plus sympa. Et puis c’est mieux pour le boulot, toutes les grosses entreprises sont installées à Delhi. »

Guillaume gère une vingtaine d’employés à temps plein mais l’effectif peut monter jusqu’à 300 personnes pour les événements. Et entre les stagiaires français et les employés indiens, diriger une telle équipe est un vrai défi. Guillaume baragouine seulement quelques mots d’Hindi, la langue officielle la plus parlée en Inde sur les 18 que compte le pays. « Du coup, pour me faire comprendre, c’est un mélange entre le mime Marceau et le pictionary tous les jours », plaisante le chef d’entreprise.

Malgré les défis à relever quotidiennement, le couple n’envisage pas un retour en France. « Le style de vie manque parfois. Mais on sent un décalage avec les Français. Ils sont toujours en train de prévoir leurs prochaines vacances. Avec Milia, on a commencé à travailler à Dubaï, ce n’est pas la même mentalité. On bosse beaucoup et on aime ça. »

Pauline Chapelière

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