La CMA-CGM va délocaliser une centaine d’emplois de son siège marseillais en Inde

 dans News France

La compagnie maritime française a fait cette annonce lors d’un comité central d’entreprise le 29 octobre. Des secteurs symboliques du siège comme les ressources humaines ou la comptabilité sont concernés.

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L’annonce a été faite aux représentants des salariés le 29 octobre au cours d’un comité central d’entreprise (CCE) de la CMA-CGM dans la tour signée par l’architecte Zaha Hadid. Une petite centaine de postes, 84 exactement, vont être délocalisés du siège marseillais vers l’Inde. L’opération se déroule dans le cadre d’un plan plus large, baptisé « Transformance », pour transformation et performance, qui vise à améliorer la compétitivité de la compagnie. Les domaines concernés listés par Force ouvrière dans un tract daté du 4 novembre seraient notamment la comptabilité, les ressources humaines et les affaires juridiques. Bref, des secteurs « à faible valeur ajoutée » selon les termes employés par la direction et retranscrits par le syndicat.

Dans un courriel adressé aux personnels que Marsactu a pu consulter, la direction précise les postes concernés :

Dans le cadre d’une structure d’emploi favorable (répartition CDD/CDI, pyramide des âges), le périmètre des activités concernées est de l’ordre de 100 postes, pour lesquels le groupe apportera des solutions appropriées au travers d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), avec des mesures d’accompagnement RH [en ressources humaines, ndlr] qui pourront prendre la forme de formation, de mobilité professionnelle, bilan de compétences, plan de départs volontaires…

Cette information n’est que le premier pas d’un processus de concertation prévu pour durer six mois. Mais le poids symbolique est déjà là. Celui qui se présente comme le premier employeur privé de la ville commence à déplacer en Asie des services jusqu’à présent installés à Marseille. La compagnie dirigée par Jacques Saadé, qui se refuse à communiquer à ce stade du plan, aura tôt fait d’objecter que le nombre de postes concernés n’est qu’une faible part des 2 400 emplois implantés à Marseille. « Mais il n’y a pas de raison que ça s’arrête là, rétorque Olivier Patin, secrétaire national de l’union fédérale maritime CFDT présent au CCE du 29 octobre. À mes yeux, ce qui est fait aujourd’hui est une mise en jambes. « 

Pas de départs contraints, annonce la direction

Le mouvement général de la multinationale vers l’Asie n’est pas nouveau. Les emplois déplacés viendront garnir les deux centres de services partagés (ou Shared service center) qui emploient déjà 1500 salariés en Inde. « Nous offrirons un reclassement interne à chaque collaborateur impacté ou le collaborateur peut choisir un plan de départ volontaire », aurait de son côté assuré Rodolphe Saadé, le directeur général délégué du groupe selon des propos rapportés par Force ouvrière.

Dans le même temps ou presque, l’entreprise a aussi procédé à des embauches locales avec une centaine d’informaticiens. Leur arrivée dans la tour Zaha Hadid doit permettre de mettre en place un nouveau système d’information de la compagnie appelé « Saphir ». L’idée de l’entreprise est de pouvoir harmoniser les pratiques et les outils entre les différents pays où elle est installée.

Or, ce projet n’a rien d’anodin pour Olivier Patin car elle ouvre la voie à de nouvelles mutualisations internationales : « Tout le monde rentrera les informations de la même façon dans les mêmes cases. Quand Saphir sera en place, quand il sera réellement efficient, on ne comptera plus à coups de 84 postes. » Le syndicaliste résume ce qui selon lui constitue la feuille de route de sa direction : « Rodolphe Saadé voudrait que Marseille soit un siège social avec des têtes pensantes aux salaires stratosphériques. Mais ils ne sont pas intéressés par les petits soldats. »

Par Jean-Marie Leforestier, le 4 novembre 2014

http://www.marsactu.fr/economie/la-cma-cgm-va-delocaliser-une-centaine-demplois-de-son-siege-marseillais-en-inde-37006.html

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