La petite agriculture, clé de la sécurité alimentaire

 dans News Inde

Première forme d’agriculture dans le monde avec près de 500 millions d’exploitations, l’agriculture familiale produit aujourd’hui plus de 80 % de l’alimentation mondiale. « Les exploitations agricoles familiales sont l’une des clés de la sécurité alimentaire et du développement rural durable », affirme l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui publie, jeudi 16 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, un rapport appelant à « ouvrir l’agriculture familiale à l’innovation ».

Alors qu’elle a longtemps été laissée en déshérence, le soutien à la petite agriculture s’impose de plus en plus au sein de la communauté internationale comme une priorité dans les pays du sud qui permettra de lutter contre la faim. D’autant que ces exploitations familiales sont aussi les premières touchées par l’insécurité alimentaire, rappelle la FAO. Sur les 805 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, 70% sont des petits producteurs de nourriture.

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« L’appui public à l’innovation doit tenir compte de la structure particulière de l’agriculture familiale dans chaque pays et chaque contexte », insiste l’organisation onusienne dans son rapport, précisant que « la grande majorité des exploitations agricoles dans le monde sont petites voire très petites, et dans bon nombre de pays à faible revenu ne cessent de voir leur superficie diminuer ». Dans les pays les moins avancés, plus de 95 % des exploitations font moins de 5 hectares.

Petites exploitations qui ont été les grandes oubliées des trente dernières années : les investissements agricoles ont favorisé les grandes filières agroindustrielles destinées à l’exportation, au détriment de l’essor des marchés locaux et des infrastructures nécessaires au développement et à la consolidation de cette agriculture familiale.

« Faute de stockage, de moyens de conservation, de transports pour écouler leur marchandise, les petites exploitations africaines subissent jusqu’à 15 % de pertes après récolte, souligne Salifou Ouedraogo, directeur Afrique de l’Ouest de l’ONG SOS Sahel. Et ne pouvant suffisamment se développer et diversifier leur production, elles sont d’autant plus vulnérables aux aléas climatiques et aux crises alimentaires. »

SÉCURISER LES DROITS FONCIERS

En 2003, les Etats africains ont pris l’engagement d’accroître leurs investissements dans le secteur agricole avec l’objectif de lui affecter 10 % de leur budget. « Si des pays comme le Ghana, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso ont atteint voire dépassé cet objectif, dans la plupart des Etats africains, l’investissement public agricole ne dépasse toujours les 5 % », observe Salifou Ouedraogo.

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Les priorités pour aider les petits agriculteurs à échapper à la pauvreté doivent porter sur plusieurs fronts : développer les infrastructures pour améliorer l’accès aux marchés, favoriser l’accès aux intrants afin d’accroître les rendements, sécuriser les droits fonciers des usagers des terres agricoles, mettre l’accent sur la recherche agronomique de variétés mieux adaptées aux conditions locales ou encore promouvoir des pratiques agricoles permettant d’amortir les effets des aléas climatiques. Tout soulignant leur « insuffisance » aujourd’hui dans nombre de pays, la FAO insiste sur le caractère « particulièrement rentable » des « investissements publics de recherche développement agricole ».

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http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2014/10/16/la-petite-agriculture-cle-de-la-securite-alimentaire_4507319_3244.html

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