La féministe qui incite les villageoises à prendre le pouvoir

 dans News Inde

Portrait réalisé par Mina Kaci

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Kuljit Kaur, vice-présidente de l’association All indian women’s conférence

Photo : Francine Bajande

Vice-présidente de l’association All indian women’s conférence, Kuljit Kaur note que des lois plus stricts ont été instaurées en Inde contre les coupable de viols, depuis qu’une étudiante a été agressée, en décembre 2014, dans un bus, pour plusieurs hommes.

Le viol collectif d’une étudiante dans un bus, à New Delhi, le 16 décembre 2014, a entraîné des «réactions populaires exceptionnelles en Inde», explique Kuljit Kaur, vice-présidente de l’association All indian women’s conférence. «Des lois plus stricts ont depuis été promulguées. Maintenant, les coupables de viol encourent la prison à vie», indique-t-elle. Pour la militante, de passage à Paris pour participer à la première réunion du Réseau international féministe et laïque, cette affaire a ouvert les yeux sur les violences faites aux femmes et aux jeunes filles. «Sur les 85% de fillettes scolarisées, 75% abandonnent les études après quatorze ans, dit-elle. A cause, entre autres, des agressions sexuelles qu’elles risquent de subir sur le chemin de l’école.»

Kuljit Kaur, élégamment vêtue d’une typique robe indienne, s’est engagée dans la cause des femmes, «révoltée par cette exploitation» à l’égard du sexe féminin. D’autant que, ces adolescentes, surtout celles qui vivent dans des villages, sont doublement victimes : «Les parents les marient dès l’âge de quinze ans pour être sûrs que la virginité sera préservée. Dans notre société, aucune fille n’est censée avoir de relations sexuelles hors mariage.»

Son association, créée en 1927, dispose de maisons où les femmes en détresse peuvent y séjourner le temps de se reconstruire. On leur assure une formation leur «permettant d’avoir un travail et d’être autonomes financièrement. C’est ainsi qu’elles peuvent s’émanciper», souligne la féministe, qui a eu «la chance d’être lettrée et d’épouser un homme compréhensible qui m’a laissée continuer mes études». Depuis une dizaine d’années, elle milite pour sortir les femmes de l’ombre, notamment en les encourageant à porter plainte. Aujourd’hui à la retraite, Kuljit Kaur continue de sillonner le pays à la rencontre des villageoises. «Je les informe et les sensibilise sur leurs droits. Il faut qu’elles rompent le silence sur les violences. Je les incite à prendre le pouvoir dans leur village et ainsi à être plus fortes pour faire avancer l’éducation des filles», dit-elle dans un sourire qui illumine son visage serein.

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