Le voyage en partage

 dans News France

A 63 ans, Bernard Rivaux parcourt le monde en routard. Pour cet habitant du Pâtis, le voyage est source de rencontre et de partage

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Ses destinations les plus récentes: l’Éthiopie et l’Irlande. Ses prochaines: le Népal puis la Chine. Entre-temps, c’est dans sa maison du Pâtis que Bernard Rivaux pose son sac à dos.

« Avant d’habiter Poitiers, j’étais dans le sud-est du département. J’allais régulièrement à L’Isle-Jourdain pour les séances de « Connaissance du monde » (1): je crois que l’envie de découvrir le monde est venue de là! » Les premières découvertes se sont faites en famille et en camping: « Avec les enfants, nous sommes allés en Espagne, en Italie, en Europe centrale, en Grande-Bretagne. » Puis, avec les aléas de la vie, il s’est retrouvé seul. Et au moment de la retraite, sa passion pour le voyage a pu pleinement s’exprimer. Mais pour lui, pas question de partir en circuit organisé: « Quand on voyage seul, on fait ce qu’on veut, on prend le temps de découvrir des endroits et on rencontre tellement plus de gens! Je fais de la randonnée pédestre depuis longtemps, j’en fais donc naturellement aussi en voyage. »

« Quand on sait dire bonjour ou merci, avec le sourire, ça se passe tout de suite bien »

Son premier périple de routard, il l’a fait en Inde du Sud, début 2006: « J’ai arrêté de travailler fin 2005. J’ai eu envie de partir: mon voyage a duré deux mois. » Depuis il est déjà retourné plusieurs fois en Inde. Mais c’est au Népal qu’il revient inlassablement (2): « C’est ma deuxième patrie. J’y suis allé cinq ou six fois, et j’y retournerai en avril-mai. Il n’y a rien de plus beau que l’Himalaya. Les rencontres avec les différentes ethnies sont très enrichissantes, et le patrimoine y est extraordinaire. J’ai fait de super balades là-bas, y compris une fois pendant vingt jours sans guide ni porteur… »
Bernard Rivaux n’est pas pour autant une tête brûlée: chacun de ses séjours, qui dure plusieurs mois, est bien préparé, via des lectures, des guides, des sites internet… « Mon itinéraire est fixé aux trois quarts: je sais où je vais mais je ne sais jamais combien de temps je vais rester à chaque endroit! » Pour communiquer, quelques notions d’anglais suffisent. « Et avant de partir, j’apprends toujours quelques mots dans la langue du pays: quand on arrive en sachant dire « bonjour » ou « merci », avec le sourire, ça se passe tout de suite bien. »

Le tableau d’un codétenu
d’Aung San Suu Kyi

Le fait de voyager seul lui offre souvent l’occasion de tisser des liens avec d’autres routards: « Il y a peu de routards de mon âge. Je croise plutôt des jeunes, sauf une fois en Inde où j’ai croisé un ancien prof de maths canadien de 80 ans! » Des rencontres marquantes, il en fait aussi et surtout avec les habitants. Dans son salon, il désigne une toile: « Je l’ai achetée à un Birman qui avait été prisonnier avec Aung San Suu Kyi: on a discuté et son histoire m’a touché… »
A son retour, il partage ses découvertes et son expérience via un blog et des fiches de voyage résumant son itinéraire, les hébergements, ses conseils… Et que ce soit avec ses proches ou lors d’une soirée avec l’Amicale du Pâtis, il parle volontiers de ses voyages.
Tout en rappelant que « pour voyager, il ne faut pas forcément aller très loin. Il faut savoir découvrir et prendre son temps »: il évoque avec la même ferveur une balade dans les Pyrénées ou un trek dans l’Himalaya… Une ferveur qu’il transmet aujourd’hui à ses petits-enfants: l’été dernier, il a emmené sa petite-fille de six ans en rando et bivouac pendant quatre jours… avec un âne autour du lac de Vassivière.

(1) Connaissance du monde propose des séances de cinéma et échanges autour d’un film documentaire.
(2) Il y a découvert l’association Les Amis de Laprak dont il promeut maintenant largement l’action: en s’engageant pour huit ans, avec 35€ par an, chaque parrain permet à un enfant népalais d’être scolarisé.

Bernard Rivaux participe à un festival sur le voyage à Niort, et aimerait en créer un à Poitiers, dans un esprit de partage. Il lance un appel aux personnes intéressées: bernard.rivaux@ orange.fr

en savoir plus http://www.centre-presse.fr/article-359542-le-voyage-en-partage.html

« On m’a pris pour un journaliste  »

« Je venais tout juste d’arriver à Sumatra, et en consultant mes mails, je me rends compte que plein d’amis m’avaient écrit: ils s’inquiétaient car un tremblement de terre s’était produit, là où je comptais aller trois jours après… Sur place, les habitants m’ont pris pour un journaliste venant couvrir la catastrophe! » Du journalisme, il ne partage pourtant pas le regard: « Un journaliste vient pour un événement. Un routard vient pour voir et s’immerge dans le pays. Souvent je constate un décalage entre la réalité et la vision qu’on a de tel ou tel endroit. »

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