Les avions brahmaniques font de l’ombre à l’algèbre védique !

 dans News Inde

Par Guillaume Delacroix

Les plus grands scientifiques d’Inde réunis à Bombay affirment que des avions volaient en Inde, il y a plus de huit mille ans.

avion

Voilà de quoi laisser l’Occident pantois ! Réunis cette semaine en congrès sur la campus de l’Université de Bombay, à deux kilomètres à vol d’oiseau de l’aéroport international Chhatrapati Shivaji, les plus grands scientifiques d’Inde ont affirmé, dimanche 4 janvier, que des avions volaient dans leur pays il y a plus de… huit mille ans. Si l’on en croit Anand Bodas, pilote à la retraite de son état, de très anciens documents rédigés en sanskrit, à une époque où même les pyramides d’Egypte n’existaient pas, évoquent des techniques de construction de machines volantes permettant de voyager d’une ville à l’autre du sous-continent, mais également de quitter la Terre pour gagner d’autres planètes. Ces aéroplanes mesuraient 18 m d’envergure, leur carlingue était composée de onze alliages et ils étaient propulsés par 532 petites chaudières, excusez du peu. Mais ce n’est pas tout.

En parcourant ces documents millénaires, on apprend parait-il que les pilotes de l’époque portaient un uniforme en soie, laine et coton, et qu’ils était astreints à un régime draconien les obligeant durant plusieurs mois, avant de voler, à ingurgiter successivement du lait de bufflonne, de vache et de brebis. L’auteur de ces assertions ne serait autre que Maharishi Bharadwaj, l’un des sept Sages dont la vie a été retranscrite dans les puranas, textes fondateurs du brahmanisme. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle un couple de Bombay, toujours dixit Anand Bodas, a été capable de décoller du sable de la plage de Chowpatty en 1895. Huit ans avant les frères Wright, connus jusqu’ici pour être les premiers au monde à avoir effectué un vol motorisé, en Caroline du Nord.

Tout ceci pourrait être extrêmement fascinant, venant d’une civilisation dont le très sérieux historien Amaury de Riencourt affirme qu’elle avait “depuis longtemps dépassé le point de développement atteint par l’Europe et l’Amérique aux XIXe et XXe siècle” (*). Sauf que le campus de Bombay, en ce début d’année 2015, était honoré de la présence de Narendra Modi, dont on connait les penchants nationalistes. La politique a de fait très vite rattrapé Anand Bodas qui, du haut de la tribune, a invité les scientifiques d’aujourd’hui à s’inspirer de leurs ancêtres pour soutenir le programme “Make in India”, lancé récemment par le Premier ministre pour réveiller l’industrie nationale.

Modi a du se régaler, lui qui affirmait sans rire, au mois d’octobre, que l’Inde était à l’origine de la chirurgie esthétique. Sinon, comment comprendre qu’un être humain ait pu se voir greffer une tête d’éléphant avant de devenir le dieu Ganesh ? Même chose avec la génétique. Sinon, comment expliquer que Karna, héros du Mahabharata, ait pu naître sans passer par les entrailles de sa mère ? “Nous pouvons nous sentir fiers de ce que notre pays a réussi à faire autrefois”, avait alors déclaré le Premier ministre, soulevant un tonnerre d’indignation.

En tout cas, au congrès de Bombay, les autres interventions ont presque fait un flop, malgré leur véracité avérée, pour le coup. Ainsi le ministre de la science et de la technologie, le docteur Harsh Vardhan, a-t-il rappelé que c’était les Indiens qui avaient inventé l’algèbre, à la fin de l’Age védique (1750-500 avant Jésus-Christ). Et que le théorème selon lequel, dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse équivaut à la somme des carrés des deux autres côtés, n’avait pas été rédigé sur l’île grecque de Samos par un certain Pythagore, cinq cents ans avant notre ère, mais dans le nord-ouest de l’Inde, par les auteurs des traités mathématiques connus sous le nom de Shulba Sutras, deux ou trois siècles plus tôt.

(*) Amaury de Riencourt, “L’âme de l’Inde”, Julliard, 1985

http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-delacroix

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