L’association talantaise Planète Tigre sensibilise les enfants d’Inde à la disparition des fauves

 dans News Inde

Frédéric Geffroy, ancien dresseur de fauves, a fondé, à Talant en mai 2011, Planète Tigre, une association de protection et préservation des tigres dans leur milieu naturel. Ce quadragénaire passionné et passionnant revient d’Inde où il a entamé un projet international de sensibilisation des jeunes générations. Rencontre.

planete tigre

GazetteINFO : Pourquoi l’Inde ?

Frédéric Geffroy. C’est dans ce pays que l’on dénombre le plus grand nombre de tigres, à savoir quelque 1600 individus. Les 800 autres se trouvent répartis dans 12 pays d’Asie. En 1930, 100 000 tigres ; en 2014, 2400 ! Il faut agir vite avant qu’il ne soit trop tard.

Quelles sont les causes d’un tel risque d’extinction de l’espèce ?

Le braconnage (les trafiquants chinois achètent à prix d’or des parties de l’animal), la déforestation mais aussi les villageois qui résident à l’intérieur les réserves. Pour défendre leurs bétails attaqués par les fauves, ils les empoisonnent.

Votre première action a d’ailleurs consisté à dédommager ces populations.

Nous essayons en effet de trouver une solution acceptable pour eux. En outre, nous fournissons du matériel (vêtements, chaussures, véhicules, clôtures) aux rangers afin de les accompagner efficacement dans leur mission d’éloignement des braconniers.

Aujourd’hui, vous allez plus loin à travers l’opération « Tigres, les enfants de l’espoir ». En quoi consiste-t-elle ?

En décembre, nous avons terminé la première étape d’une action qui s’étalera sur cinq ans. L’équipe est allée à la rencontre de plus de 3000 enfants âgés de 10 à 15 ans habitant dans ou à proximité d’une réserve, dans la zone du Madhya Pradesh. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation de grande ampleur qui, à terme, touchera des millions de jeunes indiens.

Concrètement, comment faites-vous pour les informer et les mobiliser ?

Nous nous rendons dans leurs écoles où nous leur présentons la situation dramatique vécue par les félins dans leur pays et leur demandons ce qu’ils préconiseraient, eux, de faire pour changer les choses et ce sous la forme d’un petit concours avec à la clé une journée à côtoyer les tigres avec des membres de l’association. Une BD portant sur le braconnage, la déforestation et la cohabitation humain/animal nous sert de support à la réflexion. Chaque écolier se voit aussi offrir un T-shirt aux couleurs de Planète Tigre.

Un cadeau ou une BD que les parents s’approprient parfois !

A travers les enfants, ce sont également les parents que nous souhaitons sensibiliser. Donc nous sommes ravis de constater que les adultes sont réceptifs, au-delà des petits présents, à nos arguments et à nos projets.

« Nos actions concernent en premier chef les populations jeunes, celles qui seront actrices du changement sur le moyen et long terme »

Vous ne comptez pas vous arrêter à l’Inde.

Notre prochain déplacement en Inde aura lieu en avril où nous irons à la rencontre de 10 000 enfants. Une fois les populations des 40 réserves de ce pays sensibilisées, nous irons au Bouthan, au Népal, en Russie et sur l’Ile de Sumatra poursuivre notre programme éducatif. Bref, partout où il y a des tigres à sauver.

Comment êtes-vous accueillis en Inde par le gouvernement et les institutions ?

Plutôt bien car à la différence de beaucoup d’ONG déjà présentes, nos actions concernent en premier chef les populations jeunes, celles qui seront actrices du changement sur le moyen et long terme. Certes, nous devons multiplier les demandes d’autorisations pour pénétrer dans les réserves, notamment, et nous familiariser avec les façons de faire de l’administration. Mais globalement, notre travail est apprécié.

Vous avez mis toutes les chances de votre côté en établissant un partenariat avec une ONG locale.

Planète Tigre collabore avec Wild Trust of India afin d’avoir un allié sur place qui facilite ses démarches. Grâce à leur forte implantation, nous devrions parvenir à toucher une autre cible, celle des braconniers, des nomades difficiles à approcher pour des étrangers.

 

 

En France, comment êtes-vous perçus ?

Malgré nos sollicitations répétées, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, ne nous a pas encore accordé d’entretien. En revanche, Nicolas Hulot est le parrain de notre opération indienne et les médias régionaux comme nationaux s’intéressent à nos projets. L’Asie, à l’inverse de l’Afrique, n’est pas au cœur des préoccupations des instances françaises, semble-t-il.

De quelle forme de soutien avez-vous besoin ?

Financier principalement. Nous désirons acquérir quatre jeeps et un minivan, soit un investissement de l’ordre de 150 000 euros. Forte de 500 adhérents particuliers, nous visons en plus désormais des grandes entreprises désireuses de s’implanter en Inde et sensibles à nos démarches.

http://www.gazetteinfo.fr/2015/01/07/lassociation-talantaise-planete/

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