Sri Tathâta, le Jésus indien aux 800 disciples suisses

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En Inde, ce sage de 72 ans rassemble des millions de fidèles. En Suisse, ils sont 800 initiés à suivre ses préceptes. Sri Tathâta s’est arrêté quelques jours en Suisse romande, le temps d’un séminaire à Yens-sur-Morges. Reportage.

«Jaya jaya devi mata Sri Tathâta om…» Le mantra prononcé avec lenteur et solennité résonne sous l’immense plafond de poutres. Imaginez 400 personnes qui psalmodient cette phrase sacrée et vous comprendrez pourquoi la salle communale de Yens-sur-Morges ressemblait plus à un ashram qu’à un bâtiment communal habitué aux prestations de la société de gym ou aux discours du syndic.

Sur l’estrade, un homme au visage émacié, version indienne du Christ dont il a la hiératique posture, la coiffure, le corps sec revêtu d’un dhoti blanc qui irradie comme une tache de lumière. De quoi en faire perdre son latin au visiteur lambda qui aurait débarqué par hasard ce week-end de novembre en pleine récitation de ce mantra sanskrit à la gloire du maître dont la traduction est: «Honneur à la mère divine, à toutes ses formes et noms, à toutes ses qualités et à son amour inconditionnel manifestés en Sri Tathâta et en chacun.»

Comme Jésus
Sri Tathâta, c’est donc lui. Sage indien de 72 ans, esprit éveillé venu imprégner de «son incroyable énergie spirituelle» quelque 400 Romands. Jésus parlait en araméen, Sri Tathâta en malayalam, la langue du Kerala. Une voix plutôt atone, un débit rapide et un enseignement traduit en anglais puis en français par le Matthieu Ricard de l’étape, Benoît, un Français rebaptisé Sayakaram. Prendre un nom indien va de pair avec les initiations données par Sri Tathâta. «Qui mérite le dharma?» demande soudain le maître qui a commencé son enseignement. «Ceux qui sont prêts à grandir», répond-il à sa propre question.

C’est vrai que la ressemblance avec le Christ est frappante. D’ailleurs, l’interprète nous expliquera très vite que notre sage «appartient à la même lignée que Bouddha ou Jésus». En clair, Dieu lui a assigné le même boulot qu’aux grands prophètes venus réveiller les hommes à travers les âges. La mission de Sri Tathâta: «amener la vérité, redonner au monde une juste manière de vivre, respectant l’intelligence cosmique et le but réel de la vie sur la terre». Comment? En suivant les 50 soutras du dharma dont le contenu lui a été dicté de façon divine au long de son existence dévolue à la recherche spirituelle.
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«Comme une évidence»
En Inde, celui dont le nom signifie «la vérité des choses telle qu’elle est» déplace des millions de fidèles. En Suisse, où il vient pour la troisième fois, le gourou semble attirer un public très disparate. Babas cools version 2014 à la recherche d’un nouveau Katmandou, paisibles retraités qui prennent sagement des notes, hommes et femmes de tous âges en quête de spiritualité. Certains ont revêtu tunique et pantalon blancs, symbole de pureté, d’autres sont venus en famille, parfois même toute la famille, comme les Chanel où quatre générations suivent fidèlement Sri Tathâta. Claude, le père, architecte à Cossonay, est président de la sangha romande. Son nom indien est Gopal, précise-t-il. A ses côtés, Lise, son épouse, Clara, Isadora et Zayna, leurs trois filles, les deux beaux-fils, la petite-fille et même la grand-mère, Marie-Louise, qui tient à préciser qu’elle suit aussi le culte protestant.

Les Chanel, qui ont beaucoup vécu à l’étranger, ont toujours été en recherche de spiritualité. «Nous suivions un maître soufi avant de rencontrer Sri Tathâta, explique Claude-Gopal. Ce fut comme une évidence, il se dégage une telle énergie spirituelle en sa présence!» Ses trois filles ont suivi le mouvement. «On n’a pas besoin de quitter le christianisme pour le suivre», confie Clara, l’aînée, maman d’une petite Lila vêtue à l’indienne pour l’occasion. «Ce qui est bien, avec Sri Tathâta, c’est qu’il est vivant, présent à nos côtés.» Isadora, sa sœur cadette, approuve gravement. «Je n’ai pas eu besoin de prendre du recul, même à l’adolescence, l’enseignement de Sri Tathâta fait totalement partie de moi.»

C’est la famille Chanel qui héberge chez elle, à Gollion, le maître et ses accompagnants durant leur périple vaudois. En janvier, la tribu s’envolera au complet, comme chaque année, pour le Kerala afin de suivre les enseignements au Dharma Peetha, un des temples dévolus à la sainteté indienne. Claude a déjà reçu les deux initiations (le maître en a pratiqué également à Yens) dont la première marque l’entrée en «tathâtisme» (excusez le néologisme) et engage le fidèle à respecter une discipline très stricte: devenir végétarien, renoncer à l’alcool et au tabac. Gopal-Claude n’a pas bu une goutte de vin depuis quinze ans. Non loin de là, Antoine-Ananta, qui assure la partie musicale, raconte en souriant avoir appris à se passer des grands crus de la cave paternelle. «J’ai découvert un être comme un rocher de conscience», dit-il à propos de son maître. Doris, une quinquagénaire souriante préposée au contrôle des billets, a pratiqué intensément pendant deux ans avant de se «laisser porter» par sa spiritualité. «Je pense que je ressentirais peut-être la même chose en présence d’un lama tibétain mais quand j’ai rencontré Sri Tathâta, j’ai eu des frissons!»

Une secte?
Secte? La question s’est posée, notamment en France, qui abrite une communauté importante de fidèles. «Mais ce pays a tendance à qualifier de secte tout mouvement qui aspire à vivre sa spiritualité», note François, «venu par curiosité». Dimitri, lui, interprète et thérapeute énergétique à Nyon, a écouté la bonne parole avec les yeux mi-clos et un léger sourire. «Je viens pour la première fois et je trouve qu’il y a une très belle énergie dans cette salle, c’est impressionnant!»

Dans la salle, justement, Sri Tathâta insiste sur l’importance de l’éducation des enfants. Les élever dans la vérité leur permettra de devenir les futurs êtres humains capables de coexister avec bienveillance entre eux et Mère Nature, assure-t-il. On profitera quand même d’une pause entre deux «Om» pour lui demander très humblement en quoi sa vérité n’est pas qu’un simple copier-coller de celle de Bouddha ou Jésus. Il plisse les yeux, impassible, peu sensible à la dose infinitésimale d’ironie mise dans la question. «La vérité est toujours la même, seule la manière de la transmettre diffère.» Il y a en tout cas une vérité qui est à 100% vérifiable. Sri Tathâta revient l’été prochain en Suisse.

Sri Tathâta
Deux millions de fidèles

Sri Tathâta est né en 1942 au Kerala et a manifesté très jeune une attirance pour la vie spirituelle. C’est au cours de grandes ascèses et pratiques dévotionnelles que sa mission lui aurait été révélée: donner à nouveau le dharma (doctrine) à l’humanité et élever son niveau de conscience. Dans son ashram du sud de l’Inde ont lieu chaque jour des rituels védiques pour pacifier l’univers. Un grand rituel au feu sacré a eu lieu en février 2014 au temple de Dharma Peetha, suivi par près de 2 millions de personnes. En 2012, lors de son périple européen, il a rencontré le pape Benoît XVI et le dalaï-lama.

http://www.illustre.ch/illustre/article/sri-tath%C3%A2ta-le-j%C3%A9sus-indien-aux-800-disciples-suisses

Showing 4 comments
  • Charles Salvaing
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    D´un point de vue hindouiste, la « personne » importe peu, le vecteur importe peu, seul le divin compte.
    Sri Tathâta est sincère, il est très probable qu´il ait vécu des expériences spirituelles édifiantes comme il le raconte. Dans ce cas, il semble commun que la logique conventionnelle du « je suis ceci ou ceci » se désagrège un peu. Ceux qui feront de sri Tathata leur guide avec foi iront sans doute très haut, ceux qui en feront un diable y trouveront leur compte, ceux que cela indifère continueront la meme route. Tout est possible, tout est parfait, au fond personne ne sera dupé. Les voies du Seigneur sont impénétrables.

  • VERITE
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    Bonjour,
    Je suis Marinette, j’aurais 86 ans en décembre je désirerais correspondre avec la famille Chanel pour dialoguer sur Sri Tathata qui a eu l’honneur de les recevoir
    En attendant une réponse de votre part
    Amicalement

  • VERITE
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    Je m’appelle MATALASKMI ce nom me fut donne par
    SRI TATHATA il y a 13 ans je l’ai connue en Inde chaque année
    je le rencontre a Varaire.
    A notre première rencontre je lui ai demander s’il était Jésus
    il a répondu Non ,nous l’avons pris en photo lui assis dans son fauteuil son torse dénudé lorsque la photo fut développer il y a une téte sur son torse pour moi c’est Jésus.
    Lorsqu’il reviendras chez vous photographier le vous verrez.

    Amicalement MME VERITE

    • Philippe Baudart
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      Merci de votre témoignage,
      bien cordialement
      Perspectives Asiennes

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