De Quercize : « Poursuivre notre dialogue avec l’Inde »

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Gilles Denis / Rédacteur en chef Week-End

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Stanilas de Quercize (PDG de Cartier International)

Le week-end dernier, Cartier organisait un concours d’élégance automobile à Delhi : une centaine de Rolls, Cadillac, Chevrolet, Hispano-Suiza, Harley et autres merveilles de collection à deux ou quatre roues exposées sur les pelouses du Jaipur Polo Ground de Delhi. Une assistance choisie où se sont croisées nouvelles fortunes, vieil argent (Jaisal Singh), stars des années quatre-vingts (Simon Le Bon), tycoons (Sir Michael Kadoorie, propriétaire du groupe Peninsula, Jean Todt) et altesses royales, du mahara-djah de Jodhpur à Michael de Kent dont le grand-père George V fut reconnu ici empereur des Indes lors de la cérémonie du Durbar de 1911.

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L’histoire ne dit pas si les frères Cartier y assistèrent, eux dont la découverte du sous-continent date aussi de 1911. Mais un peu plus d’un siècle après, le 13 mars 2015, le prince british présidait le concours d’élégance automobile organisé pour la quatrième fois en Inde par « le joaillier des rois et roi des joailliers », comme disait Edouard VII, son arrière-grand-père… Une occasion pour la Maison de célébrer son esprit et d’aller à la rencontre des clients d’hier et d’aujourd’hui. Au-delà de l’opération de relations publiques, c’est aussi une manière d’acculturation de la Maison à l’Inde, qui n’est pas sans rappeler celle des missionnaires jésuites du XVIe siècle, s’acclimatant au pays afin de mieux l’évangéliser par la suite. Stanislas de Quercize, PDG de Cartier revient sur ambitions et stratégie.

Que signifie pour Cartier un concours d’élégance automobile à Delhi en 2015 ?

Entre Cartier et l’Inde, c’est une histoire d’amour qui remonte à 1911, lorsque les frères Cartier y vinrent pour la première fois. Cette visite fut un tournant. Tout d’abord en termes d’inspiration : les premières collections Tutti Frutti, exposées à New York dans les années vingt sont issues du choc esthétique qu’ils éprouvèrent ici. Et réciproquement, les maharadjahs devinrent des clients importants tant à Paris qu’à Londres pour faire monter pierres et bijoux de famille. On se souvient ainsi du plus important collier de diamants jamais créé par la Maison pour le maharadjah de Patiala. Je pourrais aussi évoquer la collection de 250 montres Cartier du maharadjah de Kapurthala et son horloger personnel, chargé de l’entretien de ses cadrans… C’est une histoire de cœur et de passion, un goût pour le beau partagé que l’on rencontre également chez les collectionneurs de voitures – dont nombre sont nos clients…

Cette acculturation est-elle nécessaire ?

Cartier est une Maison de correspondances, de culture et d’échange avec les pays qu’elle rencontre. Les expositions que nous faisons à travers le monde en témoignent. C’est vrai de l’Inde, mais aussi de la Chine, des Etats-Unis ou de la Russie. Le dialogue que nous avons instauré historiquement avec ces pays est tout autant esthétique que commercial. Il demeure vivace et plus fort que les vicissitudes de l’histoire. En Inde, le lien n’a jamais été rompu et nous sommes face à une clientèle de connaisseurs avec qui nous partageons une culture du raffinement.

Malgré les taxes à l’import, l’Inde est-elle un marché ?

Nous sommes dans une démarche de long terme. Aujourd’hui, nous avons une boutique à Delhi et dix points de vente horlogers dans le pays, horlogerie et joaillerie étant équilibrées dans le chiffre d’affaires. Mais je ne raisonne pas géographiquement. Nos clients voyagent et nous travaillons dans un monde globalisé. Les défis résident, peut-être, davantage dans la structuration du marché de la joaillerie qui est à 80 % générique, c’est-à-dire non signé. Ce qui signifie qu’au final le bijou ne vaut que le poids de l’or et des pierres. A contrario, notre expérience et notre style donnent une valeur patrimoniale, dans tous les sens du terme, à nos produits : en termes de résultats aux enchères, Cartier est le numéro 1. La vraie conquête est celle des esprits.

Gilles Denis
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/styles/0204228955215-stanilas-de-quercize-poursuivre-notre-dialogue-avec-linde-1103844.php?7pDxkRutaxbzFPJT.99

 

Showing 3 comments
  • Wojcik Agnes
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    Fascinée par le diamant taillé (et brut) je souhaite intégrer un atelier du tri ,contrôle, soit par un contrat de professionnalisation ou autres pour effectuer les tâches suivantes :

    Réception des pierres des
    diamantaires
    – Contrôle de la couleur, pureté, taille, poids des pierres reçues selon les règles fournies par l’expert acheteur
    – Effectuer les enregistrements
    des pierres validés dans le système de gestion
    – Expédier les pierres aux différents ateliers, en lien avec le service expédition -réception
    – Suivi des demandes de
    compléments de commandes émis par les ateliers.

    • Philippe Baudart
      Répondre

      bonjour, moi aussi, ça me fascine !
      il faut que vous fassiez la demande chez Cartier puisque je comprends qu’il s’agit d’un travail en France ?
      bien cordialement

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