Royal Enfield, de formidables machines à remonter le temps

 dans News Inde

ESSAI – Les Royal Enfield, des motos britanniques conçues dans les années trente mais toujours produites en Inde, reviennent sur le devant de la scène.

royal enfield

«Made like a gun, goes like a bullet», en français, fabriquée comme une arme, rapide comme une balle, tel était le slogan, un tantinet guerrier, de la très britannique Royal Enfield Bullet, lors de son lancement en 1931. Quatre-vingt-quatre ans plus tard, le slogan a fait long feu, pas la moto qui est toujours produite en Inde et connaît un vif regain d’intérêt. L’an passé, il s’est vendu plus de Royal Enfield dans le monde que de Harley-Davidson. CQFD.

Derrière cette improbable réussite, se cache le groupe Eicher Motors Limited qui s’est porté acquéreur de la marque en 1994. L’industriel indien a su anticiper la vague de nostalgie qui submerge aujourd’hui les motards du monde entier. En 2008, l’inoxydable Bullet a été mise en conformité avec les normes internationales. Le motoriste autrichien AVL s’est ainsi vu confier la refonte totale du monocylindre culbuté. Un nouveau bloc en aluminium a été conçu avec une injection électronique, un pot catalytique et un démarreur électrique. Tout le confort moderne, en somme.

L’important était de préserver tout ce qui faisait le charme de la version originale, notamment une architecture longue-course, gage d’un couple généreux à bas régime. Pour la beauté du geste, le kick a été conservé. Voilà comment, en 2015, on peut se retrouver au guidon d’une moto ancienne rigoureusement neuve. Si un néophyte peut se laisser berner, un œil exercé ne s’y trompe pas. La présence d’un frein avant à disque, de commodos au modèle japonais et l’injection en lieu et place du carburateur, constituent autant d’indices trahissant une production contemporaine.

Modernisée, dépolluée et fiabilisée, la Bullet de 2015 n’a heureusement pas perdu son âme. Nous avons eu tout loisir de le vérifier en prenant successivement les commandes de la très rétro 500 Classic Chrome, du café racer 525 Continental GT et d’un scrambler original confectionné sur-mesure par la concession Tendance Roadster, sise à Levallois-Perret, le plus gros point de vente de la marque en Europe. En ville, la Classic Chrome frétille comme un poisson dans l’eau. Sa conduite s’avère plus facile que prévu. Son moteur est souple, sa boîte est douce et, perchée sur des pneus étroits, elle se faufile dans les embouteillages comme une 125.

Avec une position de pilotage en limande, une poignée de chevaux supplémentaire et une partie-cycle plus rigide, la Continental GT se destine davantage aux échappées belles sur petites routes. Encore que, fidèle à l’esprit café racer, elle se montre aussi parfaite pour tirer des bords entre deux bistrots… avec modération. Quant au scrambler, tout le plaisir réside dans le fait de posséder un exemplaire unique, la machine dont on a toujours rêvé. La préparation moteur procure un surcroît de caractère moteur. Quel que soit le modèle, rouler en Royal Enfield, c’est faire le plein de sensations à une allure tout-à-fait légale.

Préparation et pièces spéciales: www.tendance-roadster.com

Fiche technique Classic et Continental GT

Moteur: monocylindre culbuté, 499 et 535 cm3,

Puissance: 27 et 29 ch

Transmission: Boîte 5 rapports + chaîne

Réservoir: 14,5 et 13,5 litres

Poids: 187 et 184 kg

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