En Inde, un étudiant aveugle obtient brillamment son bac

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Le lauréat. (DPS)

En cette période d’examens de fin d’année (les épreuves du bac commencent le 17 juin, tu commences à stresser ?), la presse indienne relate l’histoire de Tapas Bhardwaj, un étudiant de New Delhi, aveugle depuis sa naissance, qui a obtenu son examen du Central Board of Secondary Education (CBSE, l’équivalent du bac) avec l’excellent score de 91,4 %.

Le jeune homme de 18 ans a eu plus de 90 % dans des matières comme anglais, psychologie, sociologie, droit et même musique hindoue. On va dire que c’est comme avoir une mention « très, très bien » en France.

Tapas Bhardwaj a toujours étudié dans le public, ses parents ayant très tôt pris la décision que son handicap ne l’empêcherait pas de vivre une vie normale. Son père, Arvind Raj Sharma, l’a expliqué au Huffington Post local :

« Nous avions confiance en lui et il avait le soutien de sa famille. Nous savions qu’il allait réussir. Nous avons toujours été fiers de lui, et pas seulement grâce à ses notes. »

« Son quotidien était le même que n’importe quel adolescent de son âge, raconte son frère Nakul Bhardwaj. Il allait à l’école en bus et participait en classe. La seule différence c’est que pendant que les autres étudiants prenaient des notes, Tapas écrivait sur son ordinateur. »

C’est en grande partie grâce à JAWS (Job Access With Speech), un programme qui transforme le texte sur un écran en sons ou en braille, que Tapas Bhardwaj a pu suivre les cours au même rythme que ses camarades. « Ça n’a jamais été facile, mais si vous vous forcez à faire des choses compliquées, elles finissent par devenir plus simples, explique l’intéressé. J’ai aussi eu accès à la meilleure technologie pour m’aider à l’école et être traité comme tous les autres. »

« Nous avons le droit d’avoir accès aux mêmes livres que tout le monde »

Tapas Bhardwaj, qui se destine à des études de droit, a tout de même profité de ce moment sous les projecteurs pour dénoncer « le peu de livres en braille ou sous un format adapté aux non-voyants en Inde ».

« L’Inde a été le premier pays à ratifier le traité de Marrakech, mais le gouvernement n’a pas tenu ses promesses. Nous avons le droit d’avoir accès aux mêmes livres que tout le monde. »

Le traité de Marrakech, créé en 2013, a pour but « de créer un ensemble de limitations et exceptions obligatoires en faveur des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés ». Pour cela, il est notamment nécessaire de modifier les différentes législations sur le droit d’auteur, qui empêchent souvent les reproductions de livres sur d’autres supports.

L’Union mondiale des aveugles regrette cette « famine de livres dont souffrent les aveugles, déficients visuels et personnes ayant des difficultés à la lecture des textes imprimés ». Sur son site, elle explique que ce traité

« Ce traité devrait commencer à mettre un terme à la famine de livres. Il prévoit le cadre juridique essentiel à l’adoption d’exceptions nationales au copyright dans les pays qui n’en disposent pas. Il crée un régime international d’importation/exportation visant à l’échange transfrontalier de livres accessibles. Il est nécessaire pour mettre un terme à la famine de livres, mais il n’est pas suffisant. Les pays doivent signer, ratifier et mettre en œuvre ses dispositions. »

Comme l’a signalé Tapas Bhardwaj, l’Inde a en effet été le premier pays à ratifier le traité de Marrakech. A ce jour, seuls six autres pays ont fait de même (Argentine, Uruguay, Paraguay, Salvador, Mali et Singapour). La France, comme de nombreux pays européens, est signataire du texte. Mais une ratification au niveau européen devra attendre une modification d’anciens textes.

En Inde, un étudiant aveugle obtient brillamment son bac

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