Guillaume Marcotte réalise son rêve indien

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A 27 ans, Guillaume Marcotte est à la tête d’une écurie en Inde. Le jeune homme envisage d’ouvrir une académie équestre au Touquet d’ici deux ans ; un lieu de rendez-vous pour de riches cavaliers étrangers… Rencontre avec un cavalier qui ne cache pas ses ambitions.

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A quinze ans, il n’était jamais monté à cheval. Dix ans plus tard, il est à la tête d’une écurie en Inde. Guillaume Marcotte n’a pas ce qu’on pourrait qualifier d’un parcours ordinaire, loin de là…

Lorsqu’il arrête l’école à seize ans, il s’expatrie en Allemagne chez son frère, Valentin. « Il est cavalier professionnel et m’a appris à monter. J’ai aussi travaillé dans son écurie. » Guillaume découvre un sport qui lui plaît, mais pas que. Il prend également conscience de tout ce qui entoure l’univers équestre. « Le commerce, les possibilités du cheval, l’évolution… »

Ce boulonnais, dont la famille est connue à Calais, se passionne pour la compétition mais surtout, pour la singularité de chaque cavalier, et de chaque équidé. « Avec tel ou tel cavalier, l’animal ne va pas évoluer de la même manière. » A force d’expérience et d’observation, Guillaume parvient même à prédire l’avenir du cheval, la façon dont il évoluera.

Départ en Inde

Après trois années passées en Allemagne, Guillaume rentre à Boulogne, où son frère ouvre une écurie. Il continue à travailler pour lui avant de pouvoir voler de ses propres ailes. « En 2009, j’ai créé ma société. L’objectif est de former les chevaux pour pouvoir les amener à un haut niveau. »

Après quelques années, il décide de rejoindre la Chine, « un pays en voie de développement, y compris en ce qui concerne l’équitation. Mais ce n’est pas en restant chez nous que ces clients viendront. » Guillaume cumule ainsi les allers retours entre la France et la Chine. Six mois plus tard, surprise : le conseil interrégional du cheval s’intéresse à lui : « Apparemment, j’étais le seul à avoir eu ce type d’initiative. Il m’a contacté parce qu’il cherchait à développer le commerce équin à l’étranger. » Le jeune homme reste en contact avec eux, puiss’envole ensuite pour l’Inde, où il intègre la meilleure écurie du pays, tenue par un milliardaire. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, le boulonnais devient responsable de la structure, de 80 employés et d’une centaine de chevaux…

Une promotion qui cache cependant bien des vices : le jeune homme découvre un univers complètement différent de celui qu’il connaît. « En France, un groom s’occupe de dix chevaux, contre deux en Inde. Il y a donc un vrai problème de rentabilité, et puis de personnel à former. Par ailleurs, sur 35 chevaux de compétition, 25 avaient des problèmes de santé… » L’écurie perd ainsi 400 000 euros par an. « Mais tout ça, je l’ignorais en arrivant… », confie Guillaume.

Le jeune homme est en fait embauché pour changer le système. Ce qui ne sera pas forcément apprécié du personnel. « Là-bas, ce sont les deux cavaliers stars qui font la loi : ils contrôlent tout. » Contre l’embauche de Guillaume, ils tentent ainsi de monter la tête aux clients… ce qui n’est pas au goût de leur milliardaire de patron : dix jours après l’arrivée du frenchy, le boss vire l’un des deux cavaliers, le troisième meilleur d’Inde.

Un an plus tard, le jeune homme atteint son objectif : il vend pour 180 000 euros de chevaux et parvient à réduire les dépenses de 18 %. Côté compétition, l’écurie explose ses résultats de plus de 100 %, remporte trois catégories sur quatre lors du grand championnat d’Inde et décroche le grand prix à Delhi.

Une évolution réussie, mais « un combat permanent et difficile ». Guillaume Marcotte devient néanmoins le petit Français connu dans toute l’Inde pour ces résultats. « L’armée du pays m’a même approché pour des stages. Nous sommes actuellement en négociation pour les former jusqu’au jeux asiatiques. »

En avril dernier, le boulonnais quitte l’écurie pour ouvrir la sienne, toujours en Inde. « Cela me permet d’être beaucoup plus libre, et je ne pas avoir de frustration via un autre patron. » Quelques clients choisissent de le suivre.

Et dans ce pays, l’équitation demeure un sport cher et mondain. Plus vulgairement : les cavaliers ont les moyens. « C’est aussi cher qu’en Europe, sauf que les revenus sont moindres. Seuls les gens riches peuvent se le permettre. Par ailleurs, ils recherchent la qualité et le résultat : ils n’hésitent pas à mettre le prix. »

Un centre au Touquet ?

Pour l’heure, quatorze chevaux occupent l’écurie de Guillaume. « C’est encore petit. Mais avec les clients, nous allons investir pour améliorer tout ça. » Le Boulonnais garde son objectif en tête : créer un centre de formation, une académie en Inde, et ouvrir une deuxième écurie en Europe pour ses clients étrangers. « Je pense au Touquet. C’est idéal, car sécurisant et il existe déjà de nombreuses structures. Les cavaliers pourraient ainsi monter le matin et se détendre l’après-midi : golf, piscine, plage… c’est un peu comme avoir des vacances, tout en travaillant. C’est génial ! »

Le jeune homme l’admet : son projet ne sera pas simple à mettre en place. « Mais ce serait tellement confortable. Par ailleurs, cela permettrait d’avoir un mélange de population et de nationalités. »

A 27 ans, Guillaume Marcotte s’est déjà fait un nom dans l’univers équestre à l’étranger. Le petit frenchy monte. Au galop.

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