COP21: l’Inde promet de multiplier par cinq sa production photovoltaïque

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Après plusieurs mois d’attente, l’Inde vient enfin de remettre aux Nations Unies sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique préalablement à la Conférence mondiale sur le climat qui aura lieu dans quelques semaines à Paris. Le pays s’est engagé à augmenter la part des sources d’énergies propres à hauteur de 40% de sa production d’électricité d’ici à 2030.

Un pays qui a toujours besoin de se développer

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L’Inde a préféré ne pas s’engager sur un objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre, cela montre bien que le pays en plein développement n’est pas prêt à sacrifier sa croissance. Rappelons tout de même que l’Inde est le troisième pollueur mondial et donc un acteur-clé du changement climatique mais aussi une des principales victimes.

Effectivement le réchauffement climatique a des effets très importants dans cette région du monde où les précipitations pendant la période de mousson menacent d’être plus abondantes et de plus courte durée, cela met automatiquement en danger la production agricole du pays. De plus, la fonte des glaciers de l’Himalaya pourrait aggraver les risques de crues du Gange et comme si cela ne suffisait pas, les cyclones seront plus nombreux sur la côte Est du pays. L’Inde a évalué ces pertes à environ 1,8% de son PIB et cela tous les ans jusqu’en 2050.

Mais le développement du pays est indispensable, aujourd’hui, 300 millions d’Indiens vivent toujours sans électricité. C’est pourquoi le gouvernement de New-Delhi a proposé d’adopter des technologies plus propres et concentre tous ses efforts sur le solaire.

Une production solaire multipliée par cinq

Ces derniers temps, l’investissement dans l’énergie solaire s’accélère en Inde pour deux raisons principales : tout d’abord les prix des matières premières pour exploiter le solaire sont très attractifs et la demande en électricité est en constante augmentation. Le Premier ministre a d’ailleurs promis de multiplier par cinq la production solaire, ce qui représente un investissement de 100 milliards de dollars. Conséquence directe de cette politique, les fermes solaires se multiplient partout dans le pays, à l’image de celles du désert du Rajasthan au nord de l’Inde où 11 millions d’euros ont été investis dans un parc devant produire 25 mégawatts d’électricité.

L’aéroport de Cochin, au sud-ouest du pays illustre bien la volonté de New-Delhi : depuis l’été 2015 il est exclusivement alimenté par des énergies renouvelables. C’est une ferme solaire à proximité de l’aéroport qui, grâce à 46 000 panneaux sur 18 hectares, produit les 50 mégawatts/heure nécessaires à le faire tourner. Cela représente un investissement assez conséquent de 10 millions de dollars mais qui seront amortis en cinq ans, un rendement très rapide.

Plus les semaines passent et plus les spécialistes de l’environnement ont les yeux rivés vers la COP21 qui concentre tous les espoirs. L’un des plus grands challenges de cette conférence sera de trouver un moyen de ne pas stopper le développement des pays qui en ont besoin tout en limitant le réchauffement climatique. Si l’Inde semble déterminé à faire bouger les choses, on la voit en effet mal mettre un frein à sa croissance économique pour ce faire. Une croissance responsable d’une augmentation de 67 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2012.

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