En matière de croissance, l’Inde fait mieux que la Chine

 dans News Inde

Le PIB indien a progressé de 7,4 % en rythme annuel.Le blocage politique fait toujours hésiter les investisseurs, ce qui pèse sur la monnaie et sur la Bourse.

Il y a des petits plaisirs dont Narendra Modi, le Premier ministre indien, ne veut pas se priver. Celui de présenter un résultat de croissance supérieur à celui de la Chine en est un à l’évidence. Pendant la période allant de juillet à septembre, qui correspond au deuxième trimestre fiscal, le PIB de l’Inde a accéléré à +7,4 % en rythme annuel (+7 % à la fin du trimestre précédent) . La Chine a fait état sur cette même période d’une croissance de 6,9 %. Cette performance, New Delhi l’attribue au redressement de la demande intérieure et de l’activité manufacturière (+9,3 %), selon les données publiées, lundi, par le ministère des Statistiques. La production de gaz et d’électricité a augmenté de 6,7 % et le secteur de la construction de 2,6 %. « Il existe des signaux positifs montrant que la reprise économique se poursuit et que l’activité manufacturière progresse fortement », explique Prasanna Ananthasubramanian, économiste en chef à Icici Securities à Bombay.

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A y regarder de plus près, il n’y a pas que la comparaison avec la Chine qui apporte du baume au cœur de l’exécutif indien. Parmi les grands émergents, dont la Russie et le Brésil, l’Inde est à l’évidence l’économie qui s’en sort le mieux. Pendant que les autres pâtissent du recul des cours des matières premières, New Delhi, qui demeure importatrice d’hydrocarbures, profite au contraire de leur cours bas pour réduire son déficit commercial et stimuler son activité. « L’Inde apparaît aujourd’hui comme un des endroits où la croissance peut être supérieure à celle de la Chine et d’autres nations émergentes », commente Gary Ng, économiste de Natixis. A cette bonne performance s’ajoute une inflation sous contrôle (+5 % en octobre), toujours sous l’objectif des 6 %. Et pourtant Narendra Modi est loin de pouvoir mener, à ce jour, la politique qu’il souhaite.

Revers électoraux

L’homme fort de l’Inde et ancien gouverneur du Gujarat vient de subir plusieurs revers électoraux, dont un tout récemment dans l’Etat du Bihar , l’un des plus peuplés du pays. Le problème du Premier ministre vient de son absence de majorité absolue au Parlement, ce qui l’empêche de faire voter les réformes promises pendant la campagne et dont le pays a besoin. Parmi celles-ci figure le projet de taxe à la consommation simplifiée et généralisée. Cette disposition fiscale est cruciale pour redresser le budget de l’Etat mais aussi pour rassurer les investisseurs. Son adoption marquerait la fin du blocage politique qui paralyse le pays. Signe de la défiance des investisseurs, la roupie indienne tout comme la Bourse de Bombay affichent les pires performances de la région. Or le pays offre un réel potentiel de développement. Plusieurs projets d’infrastructures, notamment dans le transport ferroviaire, attendent d’être lancés. A moins que la campagne « Make in India » ne décide les industriels à localiser leur activité dans la confédération.

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