Les inégalités freinent le développement de l’Inde

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Bonne ou mauvaise nouvelle pour l’Inde ? Au classement 2015 de l’Indice de développement humain (IDH), publié lundi 14 décembre par les Nations unies, la 10e économie mondiale se place à la 130e position sur 188, gagnant une place par rapport à l’année précédente. L’IDH évalue le bien-être humain en fonction de la possibilité de vivre longtemps et en bonne santé, d’acquérir des connaissances et d’avoir un niveau de vie décent.

Entre 1990 et 2014, la performance de l’Inde est indiscutable. Sa progression du point de vue de l’IDH est la 18e plus rapide au monde. L’espérance de vie a bondi de 10 ans sur cette période. La sous-nutrition ne frappe plus que 39 % des enfants âgés de moins de 5 ans contre 46 % il y a 8 ans. Puis la progression de l’IDH a marqué le pas. Elle atteignait, en rythme annuel, 1,49 % entre 1990 et 2000, et 1,67 % entre 2000 et 2010, avant de chuter à 0,97 % entre 2010 et 2014 alors que la croissance indienne s’est poursuivie sur la même trajectoire, avec un léger fléchissement. La hausse du PIB ne s’est donc pas traduite par une amélioration, dans les mêmes proportions, des indicateurs de développement.

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Le rapport des Nations unies sur l’IDH pointe les fortes inégalités qui grèvent le développement en Inde, et qui feraient perdre au pays près du tiers de son IDH. Elles sont d’abord scolaires. Seuls 42 % des jeunes de moins de 25 ans ont poursuivi leurs études jusqu’au secondaire. Et ils sont bien plus nombreux à ne savoir ni lire ni écrire. Si l’Inde a construit des établissements scolaires, inscrit dans la loi le « droit à l’éducation » ou augmenté le salaire des instituteurs, beaucoup d’enfants ne ressortent pas de l’école beaucoup plus éduqués qu’ils n’y sont rentrés. Le prochain défi de l’Inde, dans ce domaine, consiste à améliorer la qualité de l’enseignement, dans les villes comme dans les campagnes. Les inégalités scolaires qui minent le pays sont celles de l’apprentissage.

Le PIB ne fait pas de miracles

Pour expliquer ces inégalités, il y a bien sûr la stratification de la société indienne en castes, encore forte dans les zones rurales, et la discrimination à l’égard des femmes. S’il n’y avait que des femmes en Inde, le pays chuterait de 30 places, pour finir en bas du classement. Le tiers d’entre elles ont accès à Internet, soit moitié moins que les hommes. Huit sur 10 n’ont pas accès à des comptes bancaires et elles n’occupent que 12 % des sièges au Parlement. La condition des femmes en Inde est pire que chez ses voisins comme le Bangladesh ou le Pakistan.

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La correction des inégalités dans l’accès à la santé ou à l’éducation passe par une amélioration des services publics, à savoir une hausse des dépenses sociales et une meilleure gouvernance. Autrement dit, le PIB à lui seul ne peut pas faire de miracles. Après avoir lancé dans les années 2000 de nombreux programmes sociaux ambitieux, comme celui qui garantit au moins 100 jours d’emplois aux familles rurales, New Delhi a réduit ses ambitions dans ce domaine.

Dans le budget de l’année fiscale 2015-2016 le gouvernement a réduit les budgets consacrés à l’éducation et à la santé de respectivement 16 % et 15 %, même si la part dévolue aux Etats fédéraux a augmenté. Cette année, l’Etat a dépensé plus d’argent pour construire des routes que pour soigner la population. Des centaines de milliers d’Indiens tombent ainsi sous le seuil de pauvreté chaque année pour faire face à leurs dépenses de santé. Or une population mieux soignée, éduquée et formée contribuerait à une hausse de la croissance. Selon les calculs du Programme des Nations unies pour le développement, la création d’un filet social minimum ne coûterait que 4 % du PIB indien.

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