Les effets du Make in India sont encore diffus

 dans News Inde

La réindustrialisation de l’Inde n’est pas encore avérée. La volonté politique est pourtant bien là.

Apple va commencer à assembler des iPhone en Inde à partir d’avril. L’information, diffusée en février, est-elle un signe avant-coureur d’une réindustrialisation de l’Inde ? Deux ans et demi après le lancement de Make in India, le plan qui doit porter d’ici dix ans à 25 % la part du manufacturier dans le PIB, contre 17 % actuellement, force est de constater que les effets sont encore diffus. « Il n’y a pas encore de preuve qu’un tournant ait été pris, mais les indices montrant qu’il y a une volonté d’avancer dépassent ce qui aurait pu n’être qu’un coup de publicité », résume Jean-Luc Racine, vice-président d’Asia Centre.

De fait, il n’est pas aisé de mesurer l’impact de cette campagne lancée en septembre 2014, quelques mois à peine après l’investiture de Narendra Modi. Les statistiques nationales n’aident pas. La Cnuced a répertorié, début février, 42 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2016. Par comparaison en 2013, les flux étaient de 28 milliards de dollars, mais de 36 milliards l’année précédente.

La difficulté d’évaluer l’accomplissement du plan Make in India est à la hauteur de son ambition, puisqu’il veut agir sur les infrastructures comme sur l’emploi. « Chaque année, en Inde, 12 millions de personnes arrivent sur le marché du travail », poursuit l’expert, soit 1 million par mois.

Une urbanisation galopante

Beaucoup de réformes ont déjà été engagées, notamment au niveau de l’ouverture des secteurs aux capitaux étrangers, dont la défense. De la même manière, des corridors industriels entre grandes villes ont été tracés, accompagnés de liaisons ferroviaires à grande vitesse. Quant aux smart cities, dont une centaine doivent éclore à l’ombre du plan, ce sont souvent des quartiers ou des coins de banlieue qui font office de « ville intelligente ». Qu’importe, la perception a changé et, pour l’Inde, il y a de toute manière urgence. Car non seulement les investissements industriels sont porteurs d’emplois, mais ils doivent aussi aider à répondre à une demande qui va de plus en plus se concentrer sur les biens de consommation courante et durables. Cela, du fait de l’urbanisation galopante et de la montée en puissance de la classe moyenne. Le risque étant qu’en s’exerçant sur des produits fabriqués à l’étranger, cette demande ne gonfle mécaniquement les importations et ne creuse, du même coup, le déficit commercial.

Enfin, le bilan de Make in India sera tout autant politique. Mais là, il faut attendre 2019, la fin du premier mandat de Narendra Modi.

Michel De Grandi, Les Echos

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